
Henri Nayrou, député de l’Ariège, membre de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale communique :
” Les récentes révélations et confessions sur l’état des finances de la France de la part de deux éminents personnages de notre République, viennent de démontrer une fois de plus les incohérences et les incompétences du système Sarkozy.
En effet, la commission des finances de l’Assemblée Nationale au sein de laquelle je viens d’être reconduit, a d’abord recueilli les lamentations de M. Philippe Seguin. Le premier président de la Cour des Comptes, après avoir estimé que ” la dégradation sans précédent des finances publiques avait atteint la zone dangereuse “, nous a avoué tout de go que la crise n’était responsable que pour la moitié de ces très mauvais résultats, ce qui est une grosse info dans la mesure où le discours officiel colporte le contraire.
Puis, ce fut au tour de M. Eric Woerth, ministre du budget et de la fonction publique, aujourd’hui reconverti en syndic de faillite, de nous conter, chiffres a l’appui, l’état calamiteux des… comptes publics.
Les chiffres sont en effet cruels. Début 2007, le déficit était de 44,9 milliards d’€, soit 2,5 % du PIB. A l’an 2 Sarkozy, il atteint 103 milliards d’€ ( plus du double…) et, pire, le ministre Woerth le prévoit pour 2009 entre 7 et 7,5 % du Pib, puis entre 5 et 5,5 % en 2012. On n’aura pas la cruauté de rappeler que nos experts en politique économique avaient juré leurs grands dieux qu’on reviendrait vite sous la barre européenne des 3 %.
La dette ? Elle est tout aussi énorme. Début 2007, elle s’élevait à 1 152 milliards d’€. A l’an 2 Sarkozy, elle pointe à 1 327 milliards d’euros à 68 % du PIB avec la somme astronomique de 54 milliards d’euros à payer en 2008 pour les intérêts de la dette et le même Woerth nous a dit qu’on en sera à 88 % en 2012.
Qu’à cela ne tienne, le gouvernement Fillon organise la fuite en avant en klaxonnant. Après la baisse de la TVA, voila le grand emprunt. Ah si vous aviez vu à Versailles les mines déconfites des députés UMP ! Même Gilles Carrez, le très UMP rapporteur général du budget prend peur ; ” Il ne faudrait pas que cette initiative serve d’anesthésiant ! ”
Et ne parlons pas du chômage qui a augmente de 635 000 demandeurs d’emploi, ce qui n’a pas empêché nos grands stratèges de persister dans l’erreur en dépensant près de 5 milliards d’euros par an pour défiscaliser les heures supplémentaires. Au vu de la dégradation vertigineuse de l’emploi, une adaptation aurait été bienvenue, aussi simple que l’oeuf de Christophe Colomb n’est-ce pas…
Bref, sur la dette, le déficit, l’emploi, les impôts et l’économie, le prétendu champion du redressement de la France a tout faux. Il n’aura finalement réussi que sur le bling-bling et les coups tordus.